La scalabilité, Eden du formateur ?

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    réflexions pour formateurs inspirants

    Salut les Formateurs Inspirants,
    Dans de nombreuses histoires de succès, il y a un élément commun qui revient régulièrement : la scalabilité.
    Des GAFAM aux infopreneurs, cette scalabilité est souvent présentée comme la clé magique de la réussite.

    Aujourd’hui, nombreux sont les secteurs et les professions qui connaissent des fins de mois difficiles.
    Le métier de formateur n’y coupe malheureusement pas.

    Est-ce que cette « scalabilité » s’applique à notre profession et comment ?

    Le Rat Race, les marchés publics et l’expert fauché

    Lorsque j’échange avec des collègues formateurs, que ce soit sur les réseaux sociaux ou en face à face, je suis souvent surpris par nos conditions de travail.
    Certains touchent un salaire horaire affreusement bas, payé dans des délais intenables.
    D’autres ne savent pas quelle mission ils auront demain ou si les budgets seront reconduits…

    Demander des tarifs plus élevés est possible, mais les missions se font plus rares et au final, la moyenne est identique.
    Je dis ça avec beaucoup d’humilité, car c’est également mon quotidien.

    Dans mon article Sortir de la course des rats du formateur, j’aborde certaines des causes profondes de cette situation, dont celle de vendre nos heures.

    Notre profession est également fortement dépendante de marchés publics, de subsides et d’aides.
    Cette dépendance conditionne les montants et les délais de facturation.
    Et puis, comme nous en parlait mon ami Steve dans son interview, cela fait également courir le risque de perdre le marché à tout moment.

    Et puis, reconnaissons-le, nous souffrons aussi de ce que j’appellerais le syndrome de l’expert fauché.
    Pour bon nombre de formateurs que je rencontre (dont je suis, mais je me soigne) former est un sacerdoce.
    Connaître le succès est sale, non approprié, honteux, suspect, en contradiction avec sa mission de vie… (biffer les mentions inutiles)

    Mais reconnaissez qu’il est difficile d’être inspirant quand nous ne savons pas comment clôturer notre mois.

    Les pyramides de Maslow et Barrett illustrent cela à merveille. (Plus d’informations sur le modèle ici.)

    Image associée

    Nous y voyons clairement que les besoins physiologiques et de sécurités doivent être rencontrés pour atteindre les niveaux supérieurs de réalisation de soi et d’accomplissement.

    La scalabilité serait-elle l’Eden permettant de s’extraire de ce modèle ?

    Vous avez dit « scalabilité ?

    Définissons ce dont il s’agit.

    La scalabilité est un terme franglais (définir un néologisme par un néologisme, j’adore) désignant la capacité d’un élément à pouvoir s’adapter à une forte croissance.

    Comme de nombreux concepts modernes, ce dernier a commencé par être utilisé dans le domaine de l’informatique.
    Les premiers dispositifs informatiques avaient des capacités finies. Si vous vouliez plus de performances, vous deviez créer, acheter ou refaire tout votre environnement.

    L’avènement d’internet et sa forte croissance a rapidement bousculé cela.
    Face à une demande en perpétuelle augmentation, il n’était pas question d’arrêter tout le système, le jeter et le remplacer par un nouveau système répondant au besoin.

    Il a fallu développer des systèmes scalables. Des systèmes qui peuvent être facilement et rapidement adaptés, grâce à des modèles standards, pour faire face à la montée en charge.

    Une ferme de serveurs en est un excellent exemple. Lorsque la demande dans une région augmente, les opérateurs ouvrent une nouvelle ferme.
    Il s’agit d’un énorme hangar climatisé, rempli à quelques pour cent d’armoires standards contenant le matériel requis.
    Au fur et à mesure que la demande augmente, de nouvelles armoires sont ajoutées.
    Lorsque la ferme est pleine, une nouvelle est ouverte pour la délester, etc.

    Exemple de scalabilité : la ferme de serveurs

    Très logiquement, les start-up ont calqué leur développement à ce principe de scalabilité.

    L’exemple d’Amazon.

    À l’origine, Amazon a commencé par vendre des livres en ligne.
    Cependant, tout leur modèle économique, du site de vente à l’organisation des dépôts, a été pensé sur un principe de scalabilité.
    Ainsi, au fil de leur croissance, Amazon n’a plus eu qu’à dupliquer son modèle et ses ressources.
    Aujourd’hui, cela leur permet de proposer des millions d’articles et de mettre leurs infrastructures à la disposition de commerçants tiers.
    Ce modèle a permis de suivre la demande en maîtrisant les coûts à chaque étape.

    À l’opposé, nous retrouvons un bouquiniste local qui propose quelques livres à la vente sur son site web.
    Si du jour au lendemain, il commence à rencontrer du succès, il n’arrivera plus à suivre la demande.
    Il sera confronté à de nombreux dilemmes, ne pas suivre ou engager quelqu’un.
    Mais dans ce cas, où le mettre, l’arrière-boutique ne suffisant sans doute pas ?
    Et quand engager une seconde personne ?
    S’il veut que son business se développe dans cette direction, il devra établir une stratégie scalable, sous peine de passer à côté de l’occasion ou de se mettre la corde au coût.
    Et le temps d’y parvenir, l’opportunité sera peut-être déjà passée !

    Scalabilité de la formation

    OK, adopter une approche scalable d’emblée, c’est LA stratégie à adopter pour faire face à la demande et accéder au succès.

    Mais comment adapter cela au domaine de la formation ?

    Voyons ensemble quelques pistes :

    Le partage de contenus

    Commençons tout de suite par un point qui fâche : le partage de votre contenu de formation.

    Si vous possédez un sujet de formation qui répond à un réel besoin, vous êtes sur la bonne voie pour connaître le succès.

    Mais voilà, vos journées font 24 h et vous ne savez pas être à deux endroits différents.
    Vous pourrez prendre votre bâton de pèlerin, vous épuiser à donner votre formation aux quatre coins du monde pour finir par saturer votre marché.
    Ce n’est pas scalable.

    Partager votre contenu avec des collègues est très intéressant.
    Votre formation peut être donnée en même temps à plusieurs endroits.
    En plus, les collègues apporteront de la variété en enrichissant le catalogue de leurs propres contenus.

    Le succès est au rendez-vous ?
    Génial, intégrez un nouveau collègue, formez-le au catalogue et continuez votre développement.

    Malheureusement, cette approche fait peur à de nombreux formateurs.
    Il n’est pas facile de trouver des partenaires de confiance.
    Les histoires de “vols” de contenus et de personne malhonnêtes sont nombreuses et nous en avons tous et toutes entendu.

    Prenez vos dispositions, définissez des contrats clairs établissant la propriété de chacun.
    Vous avez plus à gagner de le faire que de ne pas le faire.

    La conférence “Grand-messe”

    Il y a deux façons d’être payés pour une formation : pour le temps passé ou pour le nombre de participants.

    Le deuxième cas est très inconfortable, surtout quand l’on peine à remplir les salles.

    Mais de nombreuses personnes connaissent un énorme succès avec ce modèle, surtout dans le domaine du développement personnel.
    La figure emblématique de ce modèle au niveau international est probablement Anthony Robbins. (Indépendamment de tout avis sur le fond ou la forme.)
    Plus proche de nous, le développement de séminaires comme les “Clés du Succès” de Es Sense en Belgique et en France est une excellente illustration du principe.
    Mais ils sont loin d’être les seuls.

    Conférence Grand'messe

    Conférence Grand-messe en Belgique : les Clés du Succès

    L’idée est de créer une conférence sur un sujet phare et à même d’intéresser un grand nombre de personnes.
    Même si vous commencez humblement, vous développez un concept à même d’être donné à un grand nombre, en mode-conférence.

    Vous profitez de l’intérêt auprès du plus grand nombre pour vous permettre d’avoir une stratégie de prix agressive (fortes réductions en prévente, places VIP…) afin de garantir le remplissage de la salle.
    Alors que vos participants sont satisfaits et passent un bon moment, vous proposez des formations complémentaires, moins adaptées au plus grand nombre.

    Cette approche complète donc excessivement bien la précédente.

    Par contre, soignez votre étude de marché par rapport au sujet “d’appel,” et votre présentation de vente de formation (quitte à déléguer cet aspect.)
    Sinon, vous risquez de remplir vos salles à bas coûts et ne pas parvenir à convertir.

    La création de formations en ligne

    Avec les bonnes clés, créer du contenu en ligne est une façon très pertinente de développer une activité scalable, qui plus est, à terme, pourra tourner sans que vous vous en occupiez.

    Mais il y a quelques pièges à éviter.
    Il faut faire une bonne analyse du marché afin de ne pas produire des formations qui ne se vendront pas.
    Le perfectionnisme est aussi un piège pouvant s’avérer chronophage et empêcher de se lancer.

    Avec les bonnes approches, comme la vidéo, vous pourrez avancer rapidement et développer un véritable écosystème.
    Je vous donne mon retour d’expérience sur ce sujet dans mon livre “Et si vous cessiez de vendre vos heures ?” que vous pouvez télécharger gratuitement ci-dessous.

    Maintenant, ce n’est pas parce que votre formation en ligne est créée qu’elle se vend.
    Et juste la proposer à vos clients ne vous permettra pas ou peu d’améliorer vos fins de mois.

    Voici deux modèles qui permettent de monétiser votre e-learning.

    Le modèle “infopreneur”

    Les infopreneurs sont passés maîtres dans l’art de la monétisation de contenus de formations en ligne.
    Ils se sont approprié les techniques de marketing de contenus (blog), lancement orchestré, vente de formations…

    Trouvez-en un qui a réussi et dont les valeurs vous conviennent et suivez sa formation pour vous lancer sur cette voie.

    L’affiliation

    Une fois votre contenu de formation en ligne, un levier puissant peut être l’affiliation.

    Proposez à d’autres de distribuer et promotionner votre formation moyennant une commission sur la vente (généralement de 50 à 70 %.)

    En fonction de votre contenu, vous pourrez ainsi toucher des centres de formations ou même rencontrer le succès sur des plateformes spécialisées, telles que 1TPE.

    Faire différemment

    Ne comptez pas sur moi pour vous dire que le chemin de la scalabilité est tout rose.
    Comme toutes entreprises, vous courrez des risques.

    Cela vous demandera beaucoup d’efforts et connaîtrez une traversée du désert qui testera votre motivation et votre volonté.

    Mais ne dit-on pas que pour avoir des résultats différents, il faut faire différemment que ce que l’on a toujours fait ?

    Et, pour savoir ce qui fonctionne ou non pour vous, s’il s’agit de l’Eden ou de la Géhenne, vous devrez tester, car c’est le lot d’un formateur heureux, libre et inspirant.

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    Categories: Réflexions

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